LSD, série de 8 épisodes « Celles qui lisent »
Réalisation : Anne Perez Journaliste : Hélène Goutany
Captation d’une séance de La Liseuse au chevet et en groupe, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, le 6 novembre 2025.
Série : Celles qui lisent
D’Aristote à Proust, la lecture est pensée comme soin de l’âme. Sadie Peterson Delaney l’applique en 1921 à l’hôpital de Tuskegee pour aider des soldats afro-américains traumatisés, en leur donnant des ouvrages afro-américains. Aujourd’hui, la lecture reste un outil d’art‑thérapie.
A l’hôpital de la Salpêtrière à Paris, la compagnie de la Liseuse va au chevet des patients pour leur lire quelques passages de littérature et échanger. Caroline Girard, la directrice de la compagnie explique comment la lecture apporte un bienfait aux patients : “On ne vient pas faire du divertissement, on vient déclencher des réactions, des résurgences de mémoires, d’émotions, de choses comme ça. Il y a l’idée de faire du bien, d’une sorte de pansement littéraire.”
Dans les couloirs du service oncologie, Laure Sirieix, comédienne, frappe aux portes des patients pour leur proposer quelques extraits lus à haute-voix suivi d’un échange : “Je les vois parfois aller mal, d’autres fois aller beaucoup mieux et il y avait de nouvelles têtes aussi aujourd’hui. Donc ça m’a fait plaisir et y compris des nouvelles têtes qui se sont à qui se sont livrées.”
Des ateliers sont aussi organisés auprès des patientes qui partagent des moments collectifs de lecture lorsque la maladie et les soins sont des parcours avant tout individuels explique Myriam qui s’est intéressée à cette activité lors de son cancer du sein : “On peut aussi mettre des mots sur nos douleurs, sur notre vécu qui vont être un peu différents, où la pudeur disparaît. C’est important alors que l’on se renferme un peu sur notre maladie. C’est une espèce d’ouverture sur ce qu’on ressent et on a le droit d’exprimer, on se sent le droit d’exprimer.”
Régine Detambel, formatrice et art-thérapeute explique la façon dont la lecture à haute-voix peut changer le vécu d’une personne : “voyez les visages qui tout d’un coup se colorent, des visages qui tout d’un coup s’illuminent. Moi j’aime bien dire carrément ceux raniment comme si ça circulait de nouveau. Mais ce qui circule, ce n’est pas le sang, ce n’est pas l’énergie, ce n’est pas la lymphe. Ce qui circule et circule, c’est le psychisme qui se redynamise. Et c’est le langage qui revient. »
Avec
Remerciements aux équipes de la Salpêtrière pour leur accueil.